STUDIO 1984

STUDIO 1984

Jordi Megias | Marina Ramirez | Jean Rehault associés à Romain Gié
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« FAIRE ÉMERGER UNE CULTURE COMMUNE DU PROJET »

 
Jordi Pimas Megias et Marina Ramirez (nés en 1984) sont diplômés de l’École technique supérieure d’architecture de Barcelone. Jean Rehault (né en 1983) est diplômé de l’École nationale supérieure de Paris-La Villette. Ils ont fondé leur agence en 2011.
 
Ils sont pragmatiques et n’aiment pas le gâchis, trop conscients de l’urgence de proposer des solutions nouvelles afin de pallier les difficultés d’une société en crise. C’est au gré des études et des échanges à l’étranger que cette équipe francoespagnole – Jordi Pimas Megias, Marina Ramirez,
Jean Rehault, Romain Gié – décide de créer une structure en mutualisant ses expériences acquises en agence dans différents pays. Pour ces architectes, la nécessité de réduire l’impact climatique est indissociable des moyens à trouver pour lutter contre la violence des méfaits d’une production de masse sur les modes de vie et les paysages. Loin d’entraver l’innovation architecturale, la performance technique et l’exigence écologique doivent, au contraire, être appréhendées comme les supports d’une qualité d’usage retrouvée. Portés par une réflexion sur le cycle de vie, ils prêtent une grande attention à la provenance des matériaux et aux conditions de production. Inscrits dans ce qu’ils appellent une culture partagée, ils tentent en fait de concilier les aspects contradictoires du local et du global, et d’y insuffler de l’utopie. Si, jusqu’à présent, leur expérience les a conduits à travailler surtout en milieu rural, ce sont des enjeux qu’ils estiment également valables en ville. Accordant une place primordiale à l’analyse contextuelle, ils s’immergent toujours dans un lieu afin d’en décrypter les spécificités et traditions. À ce titre, la connaissance des savoir-faire et des ressources régionales mobilisables constitue une condition essentielle pour assurer la qualité, la faisabilité technique mais aussi économique d’un projet. Attentifs aux impératifs des maîtres d’ouvrage, des artisans et des usagers, ils assument le rôle de l’architecte pédagogue et s’attachent à faire émerger une appartenance commune du projet. Amenés à développer des techniques non standard, ils n’hésitent pas non plus à réinterpréter des méthodes anciennes et éprouvées dans un effort d’intégration paysager. Cela veut également dire être capable de se saisir des vertus spatiale et fonctionnelle du vernaculaire pour promouvoir une qualité de vie domestique renouvelée. Réussir à faire des bâtiments du quotidien donnant l’impression d’avoir toujours été là et concourant à créer du mouvement, celui d’une vie en accord avec elle-même, semble bien être l’ambition première de l’équipe. Clin d’oeil au 1984 de Georges Orwell, leur nom sonne comme un rappel : le temps de l’anticipation d’un monde en perdition est largement dépassé et c’est maintenant qu’il faut agir.
 

“HAVING A SHARED CULTURE OF THE PROJECT EMERGE”

Jordi Pimas Megias and Marina Ramirez (born in 1984) graduated from the Barcelona School of Architecture (ETSAB). Jean Rehault (born in 1983) graduated from the École Nationale Supérieure d’Architecture of Paris-La Villette. They founded their office in 2011.

They are pragmatic and don’t like waste, too aware of the urgency of proposing new solutions to overcome the problems of a society in crisis. It was during their studies and exchanges abroad that this Franco-Spanish team – Jordi Pimas Megias, Marina Ramirez, Jean Rehault and Romain Gié – decided to create a structure by pooling its experiences in architecture offices in different countries. These architects believe that the necessity of reducing climate impact is inseparable from finding the means to fight against the ravages of mass production on life-styles and landscapes. Far from hindering architectural innovation, technical performance and ecological rigor must, on the contrary, be understood as supports for a renewed quality of use. Considering it important to reflect on the lifecycle, they pay a great deal of attention to where materials come from and production conditions. Including themselves in what they call a shared culture, they endeavor to reconcile the contradictory aspects of the local and the global and to insert a bit of utopia into them. If, until now, their experience has led them to work primarily in the rural milieu, these are issues that they deem equally valuable in the city. Focusing on contextual analysis, they have always immersed themselves in a site in order to decipher its specificities and traditions. In this respect, knowledge of the regional know-how and resources that can be mobilized is an indispensable condition for ensuring quality, technical feasibility and resource optimization. Attentive to the requirement of clients, craftsmen and users, they take on the role of architect as teacher and place great importance on everyone being a part of the project. Developing nonstandard techniques, they don’t hesitate either to reinterpret tried and true old methods in an effort to integrate the landscape. This also means being able to grasp the spatial and functional virtues of the vernacular to promote a renewed domestic quality of life. Succeeding in making everyday buildings that look like they have always been there, working toward creating a movement, that of a life in tune with itself, clearly seems to be the team’s first priority and ambition. A wink at George Orwell’s 1984, their name rings like a reminder: the time of the anticipation of a world on the road to ruin is largely past and it is now that we must act.

 

L'actualité de l'agence

 

A 192 boulevard Voltaire

75011 Paris

T 01 43 71 55 23

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LE NID
Muttersholtz (67)
 
programme : pavillon d’exposition
maîtrise d’ouvrage : association Archi<20
maîtrise d’oeuvre : Studio 1984
coût : 10 000 € TTC
surface : 15 m2 shon
calendrier : septembre 2011-juin 2012
 
Conçu dans le cadre du festival Archi<20, le « nid » s’inspire des constructions agricoles vernaculaires. Loin d’engendrer un habitat archaïque, cette référence est le support d’innovations techniques en termes de confort, d’ambiance et d’efficacité énergétique. La paille porteuse compressée entre deux lisses offre une enveloppe continue, cohérente et très isolante. À l’intérieur, le bois multipli présente une surface finie. L’ossature légère en bois brut rappelle le système de portique des granges traditionnelles ; une trame régulière décolle le volume du sol, soutient plafond et plancher. Le contraste entre la masse du volume enclos par la paille et la légèreté de la structure qui la soutient produit un effet harmonieux et poétique. Largement vitré au sud, surisolé et doté d’une grande capacité de stockage des calories solaires, le bâtiment nécessite très peu d’apports thermiques. S’il paraît massif, la majeure partie de sa matérialité est renouvelable. La structure est démontable et peut être remise en oeuvre ailleurs avec des matières locales et bon marché.
 

THE NEST

Designed in the framework of the Archi<20 festival, the “nest” was inspired by vernacular farm buildings. Far from generating an archaic living environment, this reference is the support for technical innovations on comfort, ambiance and energy efficiency. The bearing straw compressed between two ribbon strips offers a continuous, coherent and very insulating envelope. Inside, the multiply wood presents a finished surface. The light raw wood framework recalls the gantry system of traditional barns; a regular grid detaches the volume from the ground and supports the ceiling and flooring. The contrast between the mass of the straw-enclosed volume and the lightness of the structure that supports it produces a harmonious and poetic effect. With large glazed expanses to the south, heavily insulated and with a large storage capacity for solar calories, the building needs very little thermal input. If it appears massive, most of its materiality is renewable. The structure can be dismounted and perhaps rebuilt elsewhere with local and inexpensive materials. 

 

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SQUARE BAYARD
La Roche-sur-Yon (85)
 
programme : équipement sportif, local associatif
maîtrise d’ouvrage : ville de La Roche-sur-Yon
maîtrise d’oeuvre : Studio 1984 ; Skate-park Service Conseil, BE sport de glisse
coût : 134 000 € TTC
surface : 1 300 m2 shon
livraison : novembre 2013
 
Ce projet dédié à la pratique du skate-board prend place dans un jardin à la française. Inscrit dans l’un des parterres engazonnés d’une emprise de 500 m2, il se caractérise par des formes simples et épurées qui respectent l’identité du site. La rigueur de la topographie de ce type de jardin a également été conservée, aucun décaissement ou remblai ne vient altérer la planéité du terrain. Ce parti pris a conduit à minimiser la surface occupée par l’équipement. Tous les arbres ont été conservés et seulement 40 % de la surface de la parcelle est occupée, laissant le reste de la pelouse intact. Cette volonté d’imperméabiliser le site le moins possible permet de ménager des espaces de repos et de contemplation tant pour les skaters que pour les promeneurs, d’affirmer le caractère intergénérationnel du square. Sculptural, le projet est structuré par deux bandes en béton lissé et incrusté de quartz qui se déroulent et se plient, fabriquent l’espace dédié au skate-board. Les différents modules sont ainsi intégrés à ces deux dalles qui semblent juste posées sur la pelouse existante.
 

SQUARE BAYARD

This skateboard project was created in a French-style garden. Inserted into one of the lawn areas covering 500 m2, it has simple and stripped-down forms that respect the site’s identity. The rigor of the typology of this type of garden was also preserved: no excavations or embankments alter the flatness of the land. This position led to minimizing the area occupied by the facility. None of the trees was cut down and only 40% of the plot’s surface is occupied, leaving the rest of the lawn intact. This desire to seal the site as little as possible enabled rest and contemplation areas to be laid out as much for the skater as for strollers, and to assert the square’s intergenerational character. The sculptural project is structured by two smooth and quartz-incrusted concrete strips that unroll and fold, creating the space for skateboarding. The different modules are consequently incorporated into these two slabs that look like they were just set down on the existing lawn. 

 

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RUE DU PUITS DE CARBONE
Preuschdorf (67)
 
programme : 10 logements, 5 locaux d’activités, 1 équipement
maîtrise d’ouvrage : communauté de communes Sauer-Pechelbronn
maîtrise d’oeuvre : Studio 1984 ; Ingénierie Bois, BET structure ; Plebicit, OPC économie construction; Terranergie BET thermique
coût : phase 1, 468 000 € TTC (1 600 € HT/m2 habitable) ; total de l’opération 2,4 M€ TTC
surface : 1 300 m2 shon
calendrier : concours ouvert, octobre 2012 ; ouverture du chantier, septembre 2014
 
Proposant une nouvelle forme d’habiter en milieu rural, ce nouveau quartier se glisse sur une étroite bande constructible, entre une rue et un terril. L’articulation de deux typologies aux gabarits homogènes forme une continuité de façades mitoyennes ménageant une perméabilité visuelle avec les alentours. L’implantation des cinq unités de 200 m2 est dense mais anticipe le fort potentiel d’extensions dans le futur. La recherche d’une relation harmonieuse et progressive entre les parties publique et privée a donné lieu à la création d’un espace collectif mutualisé couvert. Un dispositif permet d’accueillir une grande diversité d’usages et d’intégrer une circulation verticale qui prévoit une possible séparation par niveau des bâtiments. Les volumes peuvent ainsi recevoir des typologies et des fonctions très variées. La gestion écologique du surplus d’eau pluviale avec des noues végétalisées favorise par ailleurs la biodiversité. Des cheminements doux desservent les jardins privatifs, donnent accès au jardin partagé et conduisent vers une promenade valorisant le terril.
 

CREATION OF A NEIGHBORHOOD OF DENSE INDIVIDUAL HOUSES IN PREUSCHDORF

Proposing a new form of living in the rural milieu, this new neighborhood slips into a narrow constructible strip, between a street and a slag heap. The connection of the two typologies with homogeneous dimensions forms a continuity of adjoining façades creating a visual permeability with the surroundings. The siting of five 200 m2 units is dense but anticipates the strong extension potential in the future. The search for a harmonious and progressive relationship between the public and private parts led to the creation of a covered shared collective space. This arrangement allows for a large diversity of uses and incorporates a vertical circulation that anticipates a possible separation of the buildings by level. The volumes can consequently accommodate a great variety of typologies and functions. The ecological management of surplus rainwater with planted ditches moreover favors biodiversity. Gentle paths serve the private gardens, provide access to the shared garden and lead to a promenade that enhances the slag heap.

 

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